(First written on 12/03/2025)
Ah! Quelle délicieuse sensation
Lorsque ces phalènes et papillons
Virevoltent sous ma poitrine
Ces petites fées qui dansent,
Jouent avec leurs sœurs,
À l’abri de ma chair creuse
Poussées par bravoure et curiosité
Elles finissent par remonter
Le long de mon œsophage
Alors je glisse mes doigts
Entre mes lèvres écartées
Et attends patiemment
Un paire de petite mains
Se saisit alors du doigt tendu
Et se hisse par delà ma mâchoire
Qu’elles on l’air drôles
Lorsqu’elles sortent de mon torse
Pour la première fois !
Rougies de mon sang
Toutes rosées de fébrilité
Comme aux premières Dionysies
Alors je vois leurs ailes
Couleurs vives et motifs délicats
S’ouvrir et s’animer
Et ainsi naît une autre fée
Sous mon regard tendre
Au bout de mes propres doigts
Alors je ferme les yeux
Et sens tant d’autres qui encore
Virevoltent sous ma poitrine
Et au centre de toutes-celles là
Un cocon de soie où dort
Une fée bien plus spéciale encore
Ça a été mon cœur,
Maintenant c’est moi
Qui apporte chaleur à ce corps
Je dors à l’abri,
Parmi toutes mes sœurs,
Et j’attends patiemment
Un jour, je mourrais,
Et me réveillerais
De ce si long sommeil
Creusant de mes griffes
Pareillement soie et chair,
Sortant de mon cocon
Et, couverte de sang,
Irait danser dans la cour
Où m’attendent tant d’autres fées